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Bruxelles prépare une étiquette énergie et eau de A à G pour les datacenters

Avec l’essor du cloud, de l’intelligence artificielle et des besoins de calcul, les data centers vont peser de plus en plus lourd dans la consommation électrique européenne, tout en mobilisant des ressources en eau pour leur refroidissement. Pour mieux mesurer et comparer leur performance environnementale, la Commission européenne prépare une étiquette de A à G qui prendra en compte leurs consommations d’énergie et d’eau, mais aussi leur intégration au système énergétique. Les premières notations sont attendues en 2027, avant l’éventuelle introduction de standards minimaux de performance.

Bruxelles prépare une étiquette énergie et eau de A à G pour les datacenters
© Homa Appliances

La Commission européenne veut harmoniser l’évaluation des performances environnementales des data centers. Elle a adopté, le 21 septembre, un système de notation destiné aux centres de données disposant d’une puissance informatique installée d’au moins 500 kW. Le principe est celui d’une classification de A à G, appliquée séparément à leur efficacité énergétique et à leur efficacité dans l’utilisation de l’eau.

L’objectif est d’abord de disposer d’un référentiel commun pour comparer les infrastructures. La performance énergétique sera notamment appréciée à travers le PUE (Power Usage Effectiveness), qui met en rapport la consommation totale du data center avec celle de ses équipements informatiques. Le volet hydrique reposera sur le WUE (Water Usage Effectiveness), qui rapporte la consommation d’eau à l’énergie utilisée par les équipements IT. Ces deux indicateurs feront chacun l’objet d’une notation de A à G.

Au-delà de la seule efficacité énergétique
Le futur dispositif ne s’arrête toutefois pas aux consommations d’électricité et d’eau. L’étiquette doit également fournir des informations sur la manière dont le data center s’intègre dans son environnement énergétique. Seront notamment renseignés le recours à des sources d’énergie renouvelables, la capacité à adapter la consommation aux conditions du réseau et la possibilité de récupérer et de réutiliser la chaleur produite par les équipements.

Cette approche prend une importance particulière avec l’augmentation des besoins de calcul, notamment sous l’effet du développement de l’intelligence artificielle. Selon la Commission européenne, les data centers ont consommé environ 68 TWh d’électricité dans l’UE en 2024. Leur consommation pourrait atteindre 114 TWh en 2030, soit plus de 3 % de la demande électrique européenne. Bruxelles anticipe parallèlement un triplement des capacités de data centers dans l’Union au cours des cinq à sept prochaines années.

Pour la Commission, le data center doit donc être considéré comme un élément du système énergétique et pas uniquement comme un important consommateur d’électricité. La capacité à déplacer une partie des consommations, à intégrer de la production renouvelable ou à valoriser la chaleur fatale peut contribuer à limiter les contraintes exercées sur les réseaux et à mieux exploiter les ressources disponibles.

La chaleur constitue notamment un gisement encore largement sous-exploité. Selon la Commission, la récupération de la moitié de la chaleur fatale produite par les data centers européens pourrait couvrir les besoins de chauffage de quatre millions de foyers.

Une première étape avant des exigences minimales
Le futur classement reste toutefois, à ce stade, un outil de transparence et de comparaison, et non une exigence de performance. Une mauvaise notation n’entraînera pas de non-conformité et le dispositif ne fixe pas de plafond à la consommation d’énergie ou d’eau. Son objectif est avant tout de rendre les performances des infrastructures plus lisibles à partir d’indicateurs communs.

Le règlement délégué adopté par la Commission doit désormais être examiné par le Parlement européen et le Conseil pendant une période de deux mois. Sous réserve de son entrée en vigueur, les premières étiquettes devraient apparaître en 2027.

Bruxelles travaille déjà à l’étape suivante. La Commission a lancé en parallèle une consultation publique sur la mise en place de standards minimaux de performance applicables aux data centers européens. Les contributions peuvent être déposées jusqu’au 14 décembre 2026 et doivent alimenter une proposition législative attendue au deuxième trimestre 2027.

L’Union européenne amorce ainsi un changement d’approche : après avoir renforcé les obligations de déclaration des data centers, elle cherche désormais à rendre leurs performances comparables, avant d’envisager des exigences minimales. Pour les exploitants, l’efficacité des équipements IT et du refroidissement, la maîtrise de l’eau, la flexibilité de la demande électrique et la valorisation de la chaleur s’imposent progressivement comme des paramètres à intégrer dès la conception et tout au long de l’exploitation des infrastructures.

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