[DOSSIER] IRVE : des solutions pour la protection, la facturation et la gestion des installations
Le parc des bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE) se développe rapidement, avec une montée en puissance des solutions proposées pour des recharges plus rapides. Pour les sites, cela nécessite des solutions de protection, de contrôle et de gestion des recharges, mais aussi d’aide à la facturation.
Les derniers chiffres d’Avere-France confirment qu’en août 2026 plus de 38 % des voitures immatriculées en France étaient des voitures électriques, le parc de ces véhicules dépassant les 2 millions, et les 3 millions en comptant les véhicules hybrides rechargeables.
Dans le même temps, le nombre de points de recharge ouverts au public a atteint 200 045 à fin juillet 2026, soit une hausse de 15 % sur un an, ce qui représente une puissance installée de 10,5 GW. L’autre point à noter est l’augmentation des bornes de recharge rapide DC de puissance supérieure à50 kW qui représentent plus de 20 % du parc et sont disponibles sur 100 % des aires de service des autoroutes.

Mais au-delà du nombre de bornes, les usages montrent que le réseau répond déjà largement aux besoins des conducteurs. Selon l’étude Deep Drive Toluna Interactive pour DRIVECO, acteur français de la recharge du quotidien, 75 % n’ont jamais renoncé à un trajet faute de bornes sur leur itinéraire et 75 % n’ont jamais eu à modifier leur parcours pour trouver une solution de recharge. Plus encore, 82 % se déclarent satisfaits des infrastructures de recharge publiques.
Ces chiffres montrent que le sujet évolue : il ne s’agit plus seulement de déployer davantage de bornes, mais de garantir un réseau dense, fiable et disponible pour accompagner la croissance des usages.
L’Observatoire national de la recharge (programme Advenir) publie la deuxième édition de son Baromètre trimestriel de la donnée de recharge, consacrée au deuxième trimestre 2026 (avril à juin). Cette deuxième édition enrichit également le baromètre avec un nouvel indicateur consacré à la puissance moyenne des sessions de recharge. Toutes catégories confondues, la puissance moyenne observée atteint 18,3 kW, avec des niveaux très variables selon les usages. À titre d’exemple, le résidentiel collectif est à 4,7 kW en moyenne et les poids lourds à 49,2 kW, illustrant ainsi la diversité des besoins entre recharges résidentielle, entreprises, collectivités ou encore poids lourds.
Cette montée en puissance des bornes qui peuvent dépasser 750 kW, mais aussi le développement des besoins pour la recharge des poids lourds et bus électriques, va entraîner une adaptation de leur alimentation électrique, de la gestion de cette utilisation pour éviter la surcharge de leur réseau d’alimentation et des dispositifs de sécurité. Parallèlement, de nombreux sites nécessitent une mesure de la consommation pour la facturation de la recharge.
Protection électrique : un impératif pour la disponibilité des bornes
Les infrastructures IRVE associent des équipements sensibles fonctionnant parfois à des puissances et tensions élevées. La protection des personnes et des installations est donc essentielle.

« Pour les bornes AC, Socomec propose les relais différentiels RESYS N40 et RESYS B40 assurant la détection des courants de fuite AC et DC conformément aux exigences des installations IRVE. Ces dispositifs permettent la détection précoce des défauts et contribuent à la continuité de service des bornes, explique Ludovic Verger, Application Marketing Manager de Socomec. La protection contre les surtensions est assurée par le parafoudre SURGYS D40, destiné à protéger les équipements contre les perturbations d’origine réseau ou foudre.
Pour les infrastructures de recharge rapide DC, des équipements comme le FUSERBLOC garantissent une coupure sécurisée en charge, tout en assurant un haut niveau de protection contre les courants de court-circuit. »
Surveillance de l’isolement : un enjeu croissant pour les bornes rapides
Avec le développement des bornes DC pouvant atteindre 1000 VDC, la surveillance de l’isolement devient un élément clé de la sécurité et de la disponibilité des installations.
Dans les architectures de recharge rapide comportant plusieurs points de charge, plusieurs contrôleurs d’isolement peuvent fonctionner simultanément. Des interférences peuvent alors perturber les mesures et générer des déclenchements intempestifs.

« Pour répondre à cette problématique, Socomec propose l’ISOM K-15EV, un contrôleur permettant d’activer uniquement le dispositif nécessaire et de mettre les autres en veille. Cette approche garantit des mesures fiables et évite les perturbations entre points de charge. Compatible jusqu’à 1000 VDC, le système peut être supervisé à distance via Modbus.
Cette fonction devient particulièrement importante pour les hubs de recharge, les dépôts de bus électriques ou les infrastructures de charge rapide destinées aux flottes », note Ludovic Verger.
L’expérience de Socomec à son usine de Benfeld (67) : le modèle Prosumer appliqué aux IRVE

Pour répondre aux défis de puissance liés à la mobilité électrique, Socomec a développé sur son site de Benfeld un démonstrateur associant photovoltaïque, stockage d’énergie, bornes de recharge et gestion intelligente de l’énergie.
L’installation combine une centrale photovoltaïque de 65 kWc, des bornes de recharge AC et DC et un système de stockage SUNSYS HES L (186 kVA, 372 kWh) permettant d’améliorer l’autoconsommation et de réduire les appels de puissance sur le réseau.
Les essais menés sur ce démonstrateur ont notamment permis de valider plusieurs cas d’usage :
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- recharge de véhicules directement à partir de l’énergie photovoltaïque ;
- écrêtage des pointes de consommation grâce au stockage ;
- augmentation de la puissance disponible sans renforcement du raccordement ;
- optimisation de l’autoconsommation. Cette dernière est doublée grâce au système de stockage.
Le stockage devient un accélérateur de rentabilité
L’intérêt économique du stockage est aujourd’hui renforcé par l’évolution du cadre réglementaire. La baisse des tarifs de rachat du photovoltaïque réduit la valeur de l’énergie injectée sur le réseau et favorise au contraire son autoconsommation locale.

Associer photovoltaïque, bornes de recharge et stockage permet alors d’utiliser localement l’énergie produite, de limiter les achats d’électricité, de réduire les pointes de puissance et d’améliorer la rentabilité globale du site. Les simulations réalisées à partir des données du site de Benfeld montrent également des bénéfices liés à l’autoconsommation, à l’optimisation tarifaire et à la réduction des coûts de raccordement.
« L’expérience de Benfeld illustre une tendance de fond : les IRVE évoluent vers des écosystèmes énergétiques intégrés où mesure, protection, surveillance de l’isolement, photovoltaïque et stockage travaillent ensemble pour garantir la disponibilité de la puissance tout en réduisant les coûts et l’empreinte carbone », conclut Ludovic Verger.
Associer borne d’éclairage et borne de recharge
C’est la solution retenue par RZB Energy qui propose des bornes associant éclairage et borne de recharge, une approche complète et évolutive, adaptée aussi bien aux environnements semi-publics – parkings d’entreprises, hôtels, immeubles de bureaux ou logements – qu’aux espaces publics des villes et collectivités.
L’intérêt principal est de combiner deux fonctions dans une même infrastructure : l’éclairage et la recharge. Cela permet de limiter le mobilier urbain supplémentaire et de conserver une intégration architecturale cohérente dans les parkings et espaces urbains.
L’installation est également simplifiée : un même point d’infrastructure peut servir à la fois à l’éclairage et à la recharge, ce qui permet de réaliser les travaux d’installation en une seule intervention et de limiter les travaux de terrassement supplémentaires.
La conception est modulaire : l’utilisateur choisit le tube, le module – éclairage seul, recharge ou éclairage + recharge –, puis les différents accessoires. Une borne peut même être installée initialement sans technologie de recharge tout en étant préparée pour un équipement ultérieur.

« Notre gamme repose notamment sur les systèmes LUPALO et BOCARO, disponibles avec un ou deux points de charge et jusqu’à 22 kW par point de recharge, explique Nicolas Kopp, assistant commercial & marketing de RZB Lighting France.
C’est particulièrement intéressant pour les collectivités, promoteurs et gestionnaires immobiliers : on peut préparer l’infrastructure aujourd’hui et augmenter progressivement le nombre de points de recharge en fonction de la demande, sans refaire les travaux de terrassement.
Enfin, la gestion dynamique de la charge permet de répartir intelligemment la puissance disponible entre les différents points de charge et d’éviter les surcharges du réseau. Elle peut également permettre de mieux exploiter une production photovoltaïque disponible.
Les bornes peuvent être intégrées dans un réseau comprenant jusqu’à 12 points de charge, avec une gestion intelligente de la puissance disponible. Pour les projets semi-publics, la variante SMART permet notamment l’identification des utilisateurs, la gestion de la charge et la connexion à un backend. Pour les espaces publics, la variante PRO ajoute les fonctions nécessaires à une utilisation ouverte et à la facturation. Nos partenaires sont Monta, Freshmile, Chargepoint (pour ne citer que ceux-là).
L’objectif est donc de pouvoir commencer avec quelques points de charge et d’augmenter progressivement la capacité du site, sans devoir repenser toute l’infrastructure. »
Le besoin de solution de gestion des bornes est de plus en plus indispensable
Avec le développement d’installations de bornes dont la puissance de raccordement au réseau peut être très importante et dépasser plusieurs mégawatts, l’utilisation sur de nombreux sites d’énergie renouvelable (produite par exemple par des ombrières), mais aussi le développement du stockage (BESS), le besoin de solutions de gestion de l’énergie devient indispensable.

« L’exploitation intelligente des données de consommation énergétique des bornes de recharge permet de mieux dimensionner, mieux planifier et mieux piloter. La donnée énergétique devient un outil de gouvernance, pas juste un indicateur. Flexibiliser la recharge, c’est lisser les appels de puissance, éviter les pics, intégrer la recharge dans le système énergétique du site permettant de dialoguer avec le bâtiment. Pour les foncières, les opérateurs ou les collectivités, c’est un moyen de baisser les coûts, de sécuriser leur réseau, et de répondre à leurs objectifs de sobriété. Il faut repenser la manière dont l’énergie est utilisée, distribuée et gérée à l’échelle des bâtiments, des quartiers et des collectivités. Sans pilotage énergétique, la recharge devient une charge pour le bâtiment. Avec une gestion intelligente, elle peut devenir un levier de performance et de sobriété », commente Julien Deleau, directeur France de reev, l’une des principales plateformes européennes de gestion de l’énergie et de la recharge des véhicules électriques pour le secteur semi-public.
En parallèle de ces considérations, les actes délégués du règlement européen AFIR sont entrés en vigueur le 8 janvier dernier. Tout point de charge AC (courant alternatif) ou DC (courant direct) nouvellement installé et accessible au public devra ainsi être conforme aux standards ISO 15118-1 à ISO 15118-5. Ceux non accessibles au public devront être conformes au standard ISO 15118-20 à partir de 2027. Cette norme ISO 15118 définit l’interface de communication véhicule-réseau pour les véhicules électriques, avec chaque partie couvrant des aspects spécifiques allant des concepts généraux à la conformité des protocoles.
Les compteurs MID, au cœur de la facturation des infrastructures de recharge
Le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques dans les espaces publics, semi-publics et tertiaires s’accompagne d’une exigence croissante de transparence et de fiabilité dans la facturation de l’énergie. Les compteurs certifiés MID (Measuring Instruments Directive) répondent à cet enjeu en garantissant une mesure précise et conforme aux exigences réglementaires européennes pour la refacturation des consommations.
Au-delà du simple comptage, les compteurs d’énergie modernes offrent des fonctions avancées de suivi des consommations, de supervision et d’intégration aux systèmes de gestion énergétique. Grâce à différents modes de communication tels que Modbus RS485, Modbus TCP, M-Bus ou encore les sorties impulsionnelles, ils s’intègrent facilement aux bornes de recharge et aux plateformes de supervision.

« WAGO propose une gamme de compteurs qui se distinguent par leur simplicité de mise en œuvre et leur qualité de conception, explique Geoffrey Delaval, spécialiste produits interfaces électroniques de WAGO France. Leur technologie de connexion à levier facilite le câblage tout en garantissant des raccordements fiables et durables. Un large écran rétroéclairé assure une lecture claire des données de mesure, tandis que la configuration par Bluetooth permet une mise en service rapide et intuitive, directement depuis un smartphone ou une tablette.

Disponibles en versions monophasées ou triphasées, à mesure directe ou via transformateurs de courant, ils s’adaptent à tous les types d’installations de recharge, des petits parkings tertiaires aux infrastructures de recharge de forte puissance.
Associant précision métrologique, connectivité avancée et facilité d’installation, les compteurs MID constituent aujourd’hui un élément essentiel pour garantir une facturation fiable de l’énergie et optimiser l’exploitation des infrastructures de recharge. »
Les bénéfices clés de ces compteurs MID :
- Mesure certifiée MID pour la facturation de l’énergie.
- Suivi précis des consommations par point de charge.
- Communications Modbus RTU, Modbus TCP, M-Bus ou impulsions.
- Intégration aux systèmes de supervision.
- Configuration simplifiée par Bluetooth.
- Grand écran pour une lecture rapide des données.
- Connectiques à levier pour une installation rapide et sécurisée.
- Solutions monophasées et triphasées adaptées à tous les projets IRVE.
« Une infrastructure de recharge performante commence par une mesure fiable de l’énergie consommée, confirme Ludovic Verger. Le comptage certifié MID permet de garantir une facturation conforme et transparente, indispensable pour les opérateurs de bornes, les flottes d’entreprise ou les sites multi-utilisateurs. »

Socomec propose notamment les compteurs COUNTIS P pour les bornes AC et COUNTIS EVDC pour les bornes DC. Ces solutions certifiées MID permettent de mesurer avec précision l’énergie réellement délivrée au véhicule tout en facilitant l’intégration dans les systèmes de supervision et de gestion énergétique.
Au-delà de la conformité réglementaire, ces données constituent la base du pilotage énergétique des infrastructures et de l’optimisation de la puissance disponible.
Des plateformes de gestion de plus en plus performantes
Pour Nicolas Kopp, « la simplicité d’utilisation repose sur la combinaison du matériel, du logiciel et du backend. Les bornes peuvent être équipées d’un lecteur RFID, d’un écran d’affichage, d’une connexion LAN ou mobile et d’une interface OCPP 1.6 Gsun, permettant leur intégration dans différents systèmes de gestion et de facturation. Le backend permet notamment le monitoring, la gestion des utilisateurs, la télémaintenance et le suivi des transactions.

Pour les recharges payantes, RZB ENERGY propose des solutions conformes à la législation sur la métrologie, avec notamment des compteurs adaptés, l’enregistrement sécurisé des données et leur transmission cryptée. Les solutions sont certifiées selon les modules B et D ».
Le système backend ouvre également différentes possibilités : portail en ligne, aperçu des transactions, gestion des utilisateurs, cartes de recharge, paiement par facture, itinérance et recharge ad hoc via QR code.
L’exploitant dispose ainsi d’une solution centralisée pour gérer ses bornes, tandis que l’utilisateur bénéficie d’un processus de recharge et de paiement simple et transparent.

Début 2026, Schneider Electric a complété sa gamme de bornes AC et DC avec des modèles de forte puissance StarCharge Fast de 60 à 720 kW.
Pour contrôler efficacement des systèmes d’infrastructure de recharge de plus en plus puissants, Schneider Electric a développé EcoStruxure EV Charging Expert. Ce système de gestion de charge permet de surveiller et de contrôler ces infrastructures utilisées par des flottes, des copropriétés, des commerces ou des parkings privés en distribuant intelligemment l’énergie disponible.
Cela va permettre une adaptation par rapport à l’infrastructure électrique du site ou du bâtiment, la continuité de service avec le choix de la puissance allouée aux bornes en fonction de la consommation, de la plage de tarif de l’électricité ou de priorités de recharge suivant les usagers.


L’objectif est d’optimiser le dimensionnement de l’installation électrique (puissance souscrite, câbles, armoires électriques…) et d’intégrer éventuellement la production d’énergies renouvelables ou le stockage BESS. La communication pourra également se faire avec le Building Management System (BMS).
Schneider Electric propose deux solutions pour mettre en œuvre cette gestion de l’énergie sur la base d’une consigne fixe déterminée par la capacité du tableau électrique : la gestion statique ou sur la base de la consommation en temps réel des autres usages du bâtiment afin d’ajuster la puissance disponible pour la charge de véhicules électriques.

ARC Informatique propose, avec la dernière version de sa plateforme PcVue17, une solution de supervision et de gestion des installations IRVE. En intégrant les chargeurs aux systèmes associés (tels que la gestion électrique, la GTB, la GMAO et d’autres systèmes tiers), PcVue fournit une vue complète de l’écosystème de recharge, améliorant ainsi l’efficacité, la maintenance et les performances globales.
Cela va permettre de piloter et contrôler les paramètres de la station, optimiser l’équilibre de la charge électrique et déclencher des alertes sur le site ou à distance. PcVue17 peut aussi surveiller la batterie en cours de recharge et déclencher une alerte en cas de défaut pour éviter un incendie. La plateforme peut également planifier les tâches de maintenance et guider les opérateurs grâce à une assistance intelligente sur mobile.
Réduire les coûts d’électricité grâce à un écosystème intégré de recharge solaire, batterie et photovoltaïque
Pour son site d’Ipswitch (Royaume-Uni), Lombard Shipping, fournisseur de logistique, a mis en place un écosystème d’énergie propre intégrant l’énergie solaire produite en toiture, le stockage par batteries et une infrastructure de recharge pour ses véhicules et poids lourds électriques.

Pour répondre à ces besoins énergétiques, Lombard Shipping a déployé un écosystème complet SolarEdge comprenant deux onduleurs solaires optimisés de 50 kW et une batterie SolarEdge CSS-OD de 102,4 kWh qui stocke l’excédent d’énergie pour une utilisation lors des fortes demandes ou de prix élevés du réseau.

Cette installation est gérée par la plateforme SolarEdge ONE for C&I, qui surveille et optimise en continu les performances de la batterie à l’aide d’algorithmes dynamiques analysant les données en temps réel et les préférences des utilisateurs afin de maximiser la consommation d’énergie sur site.
L’excédent d’énergie solaire peut également être utilisé pour alimenter la nouvelle banque de six chargeurs SolarEdge EV installés par l’entreprise, tous contrôlés intelligemment par les capacités de gestion des véhicules électriques (VE)au sein de la plateforme SolarEdge ONE for C&I. Cela inclut la coordination de la recharge de flotte en utilisant des plannings définis par le client, des prévisions solaires et des prix de l’électricité en temps réel afin de déterminer la source d’énergie la plus rentable pour charger la flotte de VE à un moment donné – qu’il s’agisse de solaire, de batterie ou de réseau. Il prend également en charge des modes de recharge par paliers, permettant aux véhicules prioritaires, comme les poids lourds électriques, d’accéder à l’énergie du réseau lorsque nécessaire, tandis que les véhicules non prioritaires, comme les véhicules du personnel, ne sont chargés qu’avec l’énergie solaire excédentaire.
Le système SolarEdge devrait produire environ 118 MWh d’électricité chaque année, avec des économies à vie estimées à 1,2 M€ sur 20 ans et une période de retour sur investissement d’environ 5,3 ans.
Une communication adaptée au site
Irisolaris a ainsi réalisé une installation de bornes de recharge pour véhicules électriques de la marque Ingeteam destinée aux employés d’un site de logistique afin de leur permettre de recharger leurs véhicules de service. Elle se compose de 10 bornes doubles, soit 20 points de charge au total. Chaque borne dispose d’une puissance maximale de 14,8 kW, soit 7,4 kW par point de charge. L’accès aux points de charge se fait au moyen de badges RFID, permettant d’identifier les utilisateurs et de sécuriser l’accès au service de recharge.

« La particularité de cette installation, explique Joad Aissi, chef de projet PV d’Irisolaris, réside également dans son système de communication. Le projet étant implanté sur une parcelle ne disposant pas de bâtiment ni de connexion internet filaire, nous avons dû mettre en place une solution de communication adaptée à cet environnement. Les différentes bornes communiquent entre elles par liaison filaire via des câbles RJ45 et sont raccordées à une borne maîtresse, équipée d’un modem 4G et d’une antenne. Le modem accueille une carte SIM et permet d’assurer la connexion de l’ensemble de l’installation au réseau internet et au système de supervision, sans nécessiter de raccordement internet filaire sur le site. »
Cette architecture permet ainsi d’assurer la communication et le pilotage de l’ensemble des bornes à distance, tout en s’adaptant aux contraintes d’un site dépourvu d’infrastructure réseau.
« L’installation intègre également un système de gestion dynamique de la puissance Smart DLM (Dynamic Load Management). Cette solution permet d’adapter automatiquement la puissance de recharge disponible en fonction de la consommation électrique globale du site. Le système prend notamment en compte la consommation des différents équipements électriques », conclut Joad Aissi.
Cybersécurité des bornes de recharge
Les infrastructures de recharge sont devenues des équipements connectés, gérant des données financières d’utilisateurs et des données personnelles, connectées au réseau de distribution électrique. Dans ce contexte, la cybersécurité n’est plus une option, mais une obligation pour protéger ces infrastructures, les utilisateurs et répondre aux exigences de la réglementation.
Les attaques peuvent se faire par le piratage de cartes bancaires ou de badges RFID, le détournement du protocole OCPP ou un accès par un port de maintenance de la borne. De tels risques, qui peuvent impacter le réseau électrique, ont entraîné le durcissement des réglementations et normes.
Au niveau européen, la directive NIS 2 (Network and Information Security) classe les opérateurs de bornes parmi les « entités essentielles » ou « importantes ». Dans ce cadre européen, deux textes sont à prendre en compte : le règlement AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation) et la directive RED III.
Les dernières versions du protocole OCPP comme OCPP 2.0.1 offrent des garanties dans ce domaine et la norme ISO 15118, qui régit la technologie Plug & Charge, intègre l’obligation de solutions sûres.
Ce problème est pris très au sérieux par les fabricants de bornes et de solutions de gestion. Ainsi, Arc Informatique annonce pour sa nouvelle plateforme PcVue 17 une certification selon les normes IEC 62443-4-1 et -4-2, références internationales pour la cybersécurité des systèmes d’automatisation et de contrôle industriels (IACS), pour assurer la sécurité face aux cybermenaces.
Pour Schneider Electric, cela signifie : « Développer des produits selon un cycle de développement sécurisé (SDL), conforme aux standards internationaux, par exemple la certification ISA/IEC 62443-4-1 ou TÜV Rheinland Cyber Security Management, intégrer des fonctions de sécurité natives avec des approches fondées sur les preuves et réaliser des tests de sécurité et de pénétration avant la mise sur le marché. Mais aussi fournir des mises à jour de sécurité ainsi que des services pour identifier les lacunes et améliorer la maturité en cybersécurité et documenter les vulnérabilités et les menaces connues, avec des consignes de mise en œuvre sécurisée. »
Jean-Paul Beaudet

