Avec le développement des réseaux à courant continu dans l’industrie, on assiste au retour du courant continu. Porté à l’origine de l’électrification par Thomas Edison, le courant continu est passé au second plan, mais n’a jamais disparu, avec le développement du courant alternatif et les inventions et brevets de Nikola Tesla, promoteur des réseaux en courant alternatif qui se sont rapidement développés. Cette controverse technique a alors été appelée « guerre des courants », avant que Nikola Tesla ne gagne la bataille.
Depuis ses premières utilisations au XIXe siècle dans l’éclairage, le courant continu a toujours été utilisé, car il offre une tension stable et prévisible. Cette propriété le rend particulièrement adapté aux circuits électroniques sensibles, aux systèmes de stockage d’énergie, à la recharge des véhicules électriques de forte puissance et à de nombreux autres domaines nécessitant une alimentation constante.
L’un de ses principaux avantages est aussi son efficacité dans la conversion et le transport d’énergie. Contrairement au courant alternatif, le courant continu ne souffre pas de pertes liées à la puissance réactive, ce qui en fait un choix plus efficace pour une variété d’applications. Cette efficacité accrue peut entraîner des économies d’énergie et des coûts d’exploitation réduits.
« Le courant continu (DC) s’impose progressivement comme alternative à l’AC, porté par l’essor des datacenters, des énergies renouvelables (PV, batteries) et des charges spécifiques déjà éprouvées (marine, ferroviaire, électronique…). Le DC transporte 1,28 fois plus de puissance qu’un câble AC de même section. En datacenter, il génère + 10 % d’efficacité énergétique, – 15 % de coûts d’installation et – 5 % d’espace. Il simplifie l’intégration des sources distribuées (solaire, stockage, piles à combustible) sans contraintes de synchronisation, ouvrant la voie aux microgrids industriels hybrides DC/AC. Mais il y a encore un chemin normatif et de standardisation (tensions par exemple) à parcourir, ainsi que sur le plan du cadre légal et réglementaire, qui avance bien au niveau européen », rappelle Loïc Chassignol.
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